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Vous avez peut-être manqué la publication au mois d’août de l’étude GlobalWebIndex : un passionnant ensemble de chiffres et d’analyses qui recense les usages web et mobile dans le monde. Cette année, le rapport (dont vous pouvez consulter et télécharger une synthèse ici) annonce un déclin massif des contributions sur Facebook.  Allant même jusqu’à oser émettre un doute sur l’avenir supposé glorieux du réseau social.

Que disent les chiffres relevés par GlobalWebIndex auprès de plus de 100.000 utilisateurs dans le monde ? Que toutes les formes de contributions sur Facebook sont en baisse depuis 2009. Surtout l’envoi de messages et l’installation d’applications (en chute libre). Ce qui est en hausse par contre :  l’upload de videos sur son profil, le fait de rejoindre une page de marque, ou celui de créer un groupe.

L’étude note cependant que Facebook n’est pas en déclin. C’est le réseau social qui a le plus grossi en nombre d’utilisateurs, devant les deux principaux réseaux chinois (en forte hausse eux aussi), même si l’on note un léger déclin en Angleterre (-2,8%) et une stagnation au Canada (qui est l’un des pays les plus connectés à Facebook). En France, par contre, les chiffres sont bien plus marqués: +34% chez les 16-24 ans , + 11%  chez les 35-34 ans, +85% chez les 35-44 ans, +40%  chez les 45-54, et +101% chez les plus âgés (55-64 ans) !

Mais l’étude va plus loin, et relève une tendance globale, quoique relative, à une passivité de plus en plus grande des utilisateurs sur Internet. Les chiffres publiés par GlobalWebIndex révèlent en effet un déclin de la contribution en général : moins d’écriture d’articles et moins de production d’info originale sur les réseaux de micro-blogging (comme Twitter). Ils consomment également moins de contenu généré par l’utilisateur, et ont tendance à préférer les médias traditionnels comme source d’info. Cependant, ils ne vont pas forcément plus sur les sites de ces médias traditionnels. En fort déclin depuis 2009 : les blogs donc, mais aussi les portails d’information, les sites d’info et les sites d’information économique.

En fait, si l’on creuse ces chiffres un peu plus en profondeur encore, on se rend compte que ce qui monte, ce sont justement les réseaux sociaux :  le micro-blogging (Twitter) et la gestion de son profil sur un réseau social.

On se rend compte également que les utilisateurs les plus actifs sur les sites de micro-blogging font plutôt de la transmission et de la curation (sélection et synthèse) de contenus créés par d’autres. GlobalWebIndex analyse que la poussée du temps réel sur le web et le mobile entraîne une accélération des échanges et pousse les internautes au partage (transmission) plutôt qu’à la création de contenus.

Quels sont les contenus les plus consommés ? Les contenus video, les photos, les tweets et… les encyclopédies en ligne !

Les principales sources d’information des internautes et des mobinautes sont, dans l’ordre : les sites d’infos, la télévision, les réseaux sociaux, les journaux, les amis et la famille, le micro-blogging, la radio, les blogs et les magazines.

En résumé, ce qui ressort de cette étude :

- Il y a moins de contenus générés par l’utilisateur qu’avant. Cependant, cette affirmation doit être nuancée : les internautes publient toujours beaucoup de photos et de vidéos personnelles. Le témoignage citoyen, lors d’un événement, ne va pas diminuer, au contraire. Il va s’accélérer. Aux médias professionnels de les trier et de leur donner du sens.

- En effet, les contenus professionnels restent les sources principales d’information : essentiellement les sites d’info et la télévision, même si les réseaux sociaux ne sont pas loin derrière .

- MAIS ces contenus sont de plus en plus filtrés par les réseaux sociaux qui sont devenus des acteurs majeurs de leur distribution vers les bonnes cibles. Les 16-24 ans s’informent d’ailleurs toujours massivement sur les réseaux sociaux.

Aux professionnels la production, aux internautes la distribution et le témoignage brut.

Sur quelles plateformes les contenus seront-ils consommés ?

Selon l’étude l’accès à Internet se fait  encore largement sur ordinateur (79%), le mobile est présent à 7% sur mobile,  et 2% pour les tablettes.

Cependant, lorsqu’on les interroge, les utilisateurs pensent que, d’ici un an, les courbes vont s’inverser : 19% sur tablettes, 18% sur mobile et 49% sur PC.

Cet Internet mobile est consommé aujourd’hui à 50% à l’extérieur (dans des lieux publics ou en déplacement), le reste se partageant à part égale entre la maison et le bureau.

Ce changement de plateforme aura donc des conséquences sur la façon dont les contenus sont consommés et partagés. Lesquels ? D’abord un plus grand impact de la géolocalisation sur l’info, une accélération du microblogging et de la recommandation (curation de contenus, avis sur les marques…), il y aura certainement aussi de plus en plus de vidéo et de photos personnelles partagées sur le réseau. Enfin, les consommateurs se disent prêts à payer pour du contenu, surtout vidéo et musical : En France, c’est le cas pour 44% des internautes.

Dernière remarque concernant les marques et leurs rapports avec les consommateurs :

L’étude montre une forte attente des consommateurs de la part des marques. Ils souhaitent être plus entendus, c’est clair, mais ils attendent surtout du contenu, sauf qu’il ne s’agit pas forcément de contenus concernant les produits et l’entreprise. Les consommateurs attendent plutôt de leurs marques préférées des contenus concernant l’univers de la marque. Ils attendent de cette dernière qu’elle les distraie  (surtout chez les plus jeunes), mais surtout qu’elle accroisse leurs connaissances (majoritaire sur tous les âges), et qu’elle les connecte à d’autres personnes.

Enfin, les consommateurs continuent de privilégier les sites de marques , par rapport à leurs pages facebook (- de 15%)ou leurs blogs (- de 10%).

A lire également :

La synthèse de l’étude par Grégory Pouy.

- La carte mondiale des réseaux sociaux par GlobalWebIndex

- Mon analyse sur le phénomène de la “curation”

Graphiques : GlobalWebIndex

Illustration de Une : Gizmodo.fr

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10 commentaires

  1. à l’heure où je commente…
    45 tweets
    9 je recommande
    0 commentaire

    cqfd – suite à cette belle synthèse

  2. superbe analyse . Est-ce que je me trompe où bien votre blog n’a pas de fil RSS ? J’aurais beaucoup souhaité vous suivre. Mais je ne peux pas aller tous les jours sur votre site. J’en suis 50 autres.

    Merci

  3. @Alain-Marie : http://benoitraphael.com/feed/rss/

  4. [...] Ce que le déclin des contributions sur Facebook nous dit de l’avenir de l’info « La Social New…. Share this:LinkedInFacebookTwitterStumbleUponE-mailPrint"Aimer" ceci [...]

  5. [...] nombre de contributions a baissé sur Facebook, selon une étude. Benoît Raphaël l’analyse en détail sur son [...]

  6. L’étude Wave 5 (une série qui se bonifie avec le temps) a tout d’un révélateur, nous sommes d’accord. Et le bruit ambiant qui s’affole d’une décroissance est risible. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, d’une part, et la massification induit inévitablement une dilution. La qualité que certains trouvent aux flux d’un Google+ (ou d’un Quora en son temps), n’ont d’égal que l’élitisme et la consanguinité des early-adopters qui s’y déplacent.
    Vous parlez de distribution par les utilisateurs et ce n’est pas nouveau. Je parlerai plus d’intermédiation pour ma part et je prêterai un regard particulier par rapport aux avis et à l’industrie qui se construit dessus. Au final, n’est-ce pas là le vrai sujet ? Que les consommateurs veuillent des informations enrichissantes ou distrayantes des marques, n’est-ce pas les alimenter en ce qui constitue le produit de base aujourd’hui, à savoir de la matière à partager ? Au-delà, on lit des choses troublantes sur les addictions sociales et l’enchaînement que peut représenter le maintien de profils en ligne chez certains…
    En tous les cas, le 1/10/100 est loin d’être dépassé. Il se radicalise !

  7. D’accord avec toi et les commentaire d’Alexis ci-dessus. D’ailleurs je suggère une autre hypothèse: Facebook n’a cessé de brider les fonctions virales de son son service aussi bien pour les applications tierces que pour la gestion des walls (Edge ranking, limitation des invitation groupées etc…).
    Outre une possible lassitude des utilisateurs, la limitation des fonctions virales a tout simplement et mécaniquement donné un coup de frein à cette croissance débridée.
    sur le plan des investissements marketing la vraie conséquence sera un coût d’acquisition accru

  8. [...] altro, da GlobalWebIndex, uno studio,  pubblicato recentemente, che – segnala Benoit Raphael sul suo blog in un post in cui analizza il possibile impatto di questa tendenza sul mondo dell’ informazione [...]

  9. [...] même temps une étude montre la baisse des contributions sur les blogs et sur Facebook, tandis que la participation sur les sites de micro-blogging comme Twitter continue de progresser. [...]

  10. [...] > Pour en savoir plus TAGS : contributions, déclin, Etude GlobalWebIndex, facebook, réseau social Share [...]