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#ledebat Sarkozy-Hollande : la 3D était sur Twitter

A lire la presse ce matin, à regarder ou écouter en boucle les matinées spéciales des chaînes d'info ou de la radio, ou encore a observer hier soir le jeu contraint de Laurence Ferrari et David Pujadas, transformés en douloureuses horloges parlantes, difficile, sauf à lire entre les lignes, de désigner un vainqueur du débat présidentiel qui a opposé Nicolas Sarkozy et François Hollande devant 20 millions de téléspectateurs. Le vainqueur de cette soirée, il fallait le trouver de l'autre côté de l'écran, sur nos mobiles ou nos ordinateurs. Sur Twitter, essentiellement, où journalistes, blogueurs et internautes ont donné une véritable version 3D à l'événement. Plus de 500.000 tweets ont été échangés hier soir lors du débat télévisé, un record. Plus que "The Voice", déjà champion des réseaux sociaux. Hier soir, Twitter a délivré une image concentrée du rôle qu'aura joué Internet durant la campagne. Constat est partagé par la plupart des observateurs : moins présent qu'en 2007, Internet n'aura ni dominé ni perturbé l'élection présidentielle. Elle se sera jouée essentiellement sur les chaînes d'infos et sur le terrain, à l'ancienne. Preuve que, contrairement aux Etats-Unis où il domine le temps passé sur les médias devant la télévision, le web n'est pas (encore) devenu en France l'axe central du débat. Il le sera sans doute en 2017, quand les courbes s'inverseront. En attendant, moins présent mais plus riche, Internet est devenu durant cette campagne l'accessoire le plus indispensable du petit écran. Posé devant sa télévision avec son laptop, son mobile ou sa tablette, le téléspectateur a pu vivre hier soir une expérience de télévision augmentée, dominée essentiellement par Twitter. Parmi les centaines de milliers de tweets échangés autour du mot-clef "#ledebat", beaucoup de commentaires et de dérision, bien sûr, on s'y est notamment généreusement moqué des deux animateurs... ... mais pas seulement. En dehors des avalanches de messages envoyés par les militants des deux candidats, en mode bourrage de tweets, en dehors des réflexions légères sur les tics des candidats, et entre deux détournements LOL, le "twitter trieur" pouvait se faire comme nulle part ailleurs une idée en temps réel de la tendance, des points forts et des points faibles des débatteurs. Avec des journalistes bien plus tranchés hier soir sur les réseaux sociaux que ce matin dans les médias traditionnels. Et une diversité de points de vue et d'analyse entre blogueurs et journalistes plutôt revigorante. Hier soir, sur le web, le sentiment général était celui d'un avantage donné à François Hollande, pas gagné au début, mais de plus en plus clair sur la durée. Sentiment confirmé par les votes en ligne sur les sites d'infos, par une étude en ligne menée par le pure-player Atlantico ou encore par les analyses en ligne des journalistes du JDD. Ce matin, à la radio, on parlait surtout de "match nul". Curieux contraste entre le monde connecté, libre et riche d'aspérités, et l'ancien monde. Hier soir, la vraie 3D de votre téléviseur, c'était Internet. Pas besoin de lunettes, juste d'un smartphone. Mais le véritable apport de Twitter hier soir aura été sa capacité à délivrer du fact-checking en direct, via les journalistes des rédactions en ligne (notamment l'indispensable Véritomètre d'Owni/iTélé). Fact-checking, c'est à dire vérification à la volée de la validité des propos tenus par les candidats. C'est là le véritable plus du web dans cette campagne par rapport à 2007.  On ne peut plus débattre comme avant. Les réseaux sociaux sont désormais sur le dos des candidats. Avant de tirer sur ce web "si peu influent" pendant la campagne, il y a là un enseignement intéressant à tirer pour ceux qui réfléchissent aujourd'hui à l'évolution de l'information en ligne.
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À propos

Benoît Raphaël

Benoît Raphaël est expert en innovation digitale et média, blogueur et entrepreneur. Il est à l'origine de nombreux médias à succès sur Internet : Le Post.fr (groupe Le Monde), Le Plus de l'Obs, Le Lab d'Europe 1. Benoît est également co-fondateur de Trendsboard et d'Imprudence.
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