Benoît Raphaël

Mon aïeul

L'avenue
L'avenue

L'avenue

C’est un événement peu commun dans la vie d’une une famille. Samedi, le maire du 11-12eme arrondissement dévoilait la plaque d’une nouvelle avenue à Marseille. Cette avenue porte désormais le nom de mon arrière grande-père.

Je ne l’ai jamais connu. J’avais juste en mémoire cette vieille Une du journal qu’il avait fondé et dirigé jusqu’à sa mort, sa photo remplissait presque toute la page. Le journal annonçait : « M. Phlippe Rieu est mort ». Il portait une barbe à la Zola, avait le ventre généreux de ceux qui aiment rire et bien vivre, et puis le front grave et fier des enfants du petit peuple qui ne doivent leurs victoires qu’à leur courage et leur ténacité.

Mon aïeul quitte la ferme familiale, à l’âge de 12 ans, pour chercher fortune à la grande ville. Après un échec dans la capitale, il descend à Marseille où il devient apprenti boucher. Et comme il ne peut plus aller à l’école, le soir il travaille à la lueur d’une bougie pour finir ses études. Il monte une première boucherie puis devient président du syndicat des bouchers.

Vice-président de la chambre de commerce de #Marseille, il n’en sera jamais président. A l’époque, la bourgeoise économique locale ne pouvait supporter qu’un homme issu du « petit peuple » puisse prendre la tête de l’institution. Alors il fonde la fédération des syndicats commerciaux de Bouches du Rhône, pour tenir tête aux « grands » , ces lobbies des sucriers, huiliers et céréaliers qui dominaient le premier port méditerranéen. Ceux qui l’ont connu se souviennent d’un homme bon, qui ne reniait jamais ses origines, et traitait ses ouvriers comme ses égaux. 


Voilà, je ne connaissais pas son histoire. 


Elle est désormais gravée dans mon coeur, et dans la géographie de la ville qui a vu naître mes parents.

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