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5 pistes pour financer la presse sur Internet (1/5) : pourquoi continuer à perdre de l'argent sur le digital ?

Faut-il abandonner le gratuit ? Faut-il passer au tout payant ? Faut-il mixer les deux ? Quels sont les modèles de financement de la presse en ligne aujourd'hui et demain ? Y-a-t-il seulement un avenir pour elle sur le digital ? Je rencontre souvent des patrons de presse désemparés face à ces questions, et on peut les comprendre...

Voici cinq pistes pour partir à la pêche aux solutions ... Premier épisode aujourd'hui avec une question fondamentale : pourquoi aller sur Internet alors que j'y perds de l'argent ? 

Excellente question !

 

1. A quoi sert Internet sinon à perdre de l'argent ? A ne pas en perdre justement.

Pourquoi aller sur Internet et perdre de l'argent ? Si vous êtes un magazine papier, il est urgent de se poser la question. La réponse est plus complexe qu'on l'imagine souvent.

Hors d'Internet, c'est le désert des Tartares. On attend toujours quelque chose : la mort ou la délivrance. Mais les faits sont têtus : la vente en kiosque chute dramatiquement, la distribution de la presse est quasi morte, en agonie survoltée... la pub sur papier baisse également, et les abonnements ne vont pas mieux. Les magazines livres type XXI en librairie ? Les librairies vont (presque) toutes fermer les unes après les autres... Le papier n'est pas mort, mais il est devenu une niche. Il n'y a plus de place pour tout le monde. Il faut émigrer.

Aller sur Internet c'est d'abord se créer une place de marché : capter des lecteurs pour leur vendre de nouveaux services d'information. Ne serait-ce que des abonnements : le coût de l'abonné est moins cher sur le web.

2. Il faut d'abord voir Internet comme un investissement marketing pour la presse écrite. Ça coûte de l'argent, donc il ne faut pas y faire n'importe quoi sous prétexte de faire du trafic pour générer de la pub pour payer les journalistes pour... faire du trafic pour générer de la pub etc.

Si c'est un investissement marketing, il faut comprendre quels bénéfices business le média peut en tirer et investir en conséquence. 

Ce que je veux dire par là c'est que le digital ne doit pas être vu comme une entité à part censée s'auto-équlibrer. C'est autant un investissement marketing pour l'ensemble de la marque pour vendre ses produits et services qu'un relais de croissance et une source de nouveaux revenus. Il faut donc aussi le comparer aux coûts marketing traditionnels. C'est l'ensemble du secteur, qu'il faut voir comme un écosystème, qui doit être à l'équilibre. Chacun doit jouer son rôle. 

C'est important de prende ça en compte, sinon on fait n'importe quoi et on perd de l'argent.

Le digital : c'est une nouvelle place de marché, c'est donc le coeur de la production, le coeur du moteur. C'est de là que se développent les prochains revenus, web, mobile, vidéo ou papier. Tout comme le coeur de la production éditoriale doit être digital et vivre sur plusieus supports (le papier étant l'un des supports), le coeur  marketing et commercial doit être digital. Ça veut dire notamment un seul pôle, au service de tous les supports.

 

Lire la suite  : Comment baisser ses coûts de production sans baisser la qualité ?

(Illustration : Le Figaro)

(Illustration : Le Figaro)

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À propos

Benoît Raphaël

Benoît Raphaël est expert en innovation digitale et média, blogueur et entrepreneur. Il est à l'origine de nombreux médias à succès sur Internet : Le Post.fr (groupe Le Monde), Le Plus de l'Obs, Le Lab d'Europe 1. Benoît est également co-fondateur de Trendsboard et d'Imprudence.
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