Benoît Raphaël

VIDEO. L'intelligence artificielle va-t-elle déraciner la culture ?

Si la technologie semble effacer l'humain il est temps de reprendre le contrôle et de faire appel à la créativité . Bach et Léonard de Vinci ont su, en leur temps, marier la science et les arts, et inventer leurs propres règles.

J'ai participé, lundi 13 novembre, à une table ronde organisée par Audiens sur l’intelligence artificielle. Un débat passionnant où l'on a parlé de la place de l'humain face au tsunami de l'intelligence artificielle. A l'heure où les robots sont capables de produire des oeuvres artistiques à la manière des plus grands génies, la technologie menace d'effacer l'humain. 

A cette occasion, André Manoukian a fait cette démonstration magique. Il s'est mis au piano et a joué quelques notes les unes après les autres. Des notes tirées d'une musique de Bach. Puis il les a jouées comme Bach les avait mises en mouvement. Les notes, les harmoniques, ne sont que des mathématiques. Tout le reste c'est ce que l'humain en fait. Chez Flint, c'est la même chose. Les robots sont parfaitement identiques, et fonctionnent sur la base de calculs mathématiques. Leur valeur vient de la manière donc chaque être humain, expert, a éduqué le robot pour qu'il aille chercher les meilleurs articles. La technologie n'est rien sans le génie humain. 

Vous pouvez voir l'intégralité du débat en vidéo ici : 

Si vous n'avez pas le temps de suivre la vidéo jusqu'au bout, en voici la synthèse (rédigée par Audiens) (Et, euh, oui, il n'y a que des photos de moi, mais Audiens ne m'a envoyé que celles où j'étais dessus):

"En présence de près de 200 professionnels de la culture et du numérique, Sandrine Cathelat, Directeur des études de l'Observatoire NetExplo, André Manoukian, auteur-compositeur et créateur de l’application iMuze, Benoît Raphael, Digital & Media Innovator, créateur de Flint, Eric Scherer, Directeur de l’Innovation et de la Prospective, Groupe France Télévisions, et Christophe Victor, Directeur Général des Echos, ont partagé leurs convictions et leurs expériences d’un sujet au cœur des problématiques des industries culturelles.

"S’il est un secteur où le numérique a bouleversé les modèles économiques et la relation aux publics, c’est celui de la culture. Les invités, témoins ou véritables acteurs du changement, ont démontré combien audiovisuel, musique ou presse ont su engager une réelle dynamique d’innovation pour mieux se réinventer.
 

André Manoukian, Benoît Raphaël, Sandrine Cathelat, Eric Scherer et Christophe Victor (Photos Erwan Floch)
André Manoukian, Benoît Raphaël, Sandrine Cathelat, Eric Scherer et Christophe Victor (Photos Erwan Floch)

André Manoukian, Benoît Raphaël, Sandrine Cathelat, Eric Scherer et Christophe Victor (Photos Erwan Floch)

"Une analyse a été partagée par l’ensemble des intervenants : l’intelligence artificielle, que Sandrine Cathelat préfère appeler « intelligence numérique » ne saurait toutefois être aujourd’hui considérée comme faisant œuvre artistique. En effet, elle est fondée sur des algorithmes spécialisés et l’exploitation de données modélisés par l’homme, qui l’enferme dans un champ créatif extrêmement contraint. Tout au plus un « artisan », engagé dans un geste répétitif, selon André Manoukian, l’intelligence artificielle ne saurait faire sienne les « idées de la musique qui portent en elles les lois de l’improvisation ».

"Pour autant, tous sont unanimes pour reconnaître l’apport de l’intelligence artificielle aux industries culturelles, dans la presse notamment, où les robots sont d’ores et déjà capables de rédiger quelques articles. Mais surtout d’améliorer le référencement, la recommandation pour, au final, fidéliser les lecteurs et renforcer les abonnements. Christophe Victor évoque ainsi une amélioration, via la recommandation, du taux de « clics » de 30% pour l’édition numérique des Echos. Recommandation des contenus selon l’analyse des comportements, amélioration du ciblage de la publicité sont également à l’œuvre au sein de France Télévisions.

"L’avenir pourtant s’inscrit, selon Eric Scherer, dans la reconnaissance vocale qui pourra organiser une interface entre le téléspectateur et l’information. Mais s’il est une vertu que reconnaissent les témoins de la soirée à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies numériques, c’est bien celle d’un apprentissage optimisé, démultiplié par l’accès à l’information et au savoir.

"André Manoukian en convient parfaitement dans l’univers musical, où les jeunes publics, pouvant accéder à des répertoires infinis, font preuve d’une culture supérieure aux générations précédant la révolution numérique.

(Photo Erwan Floch)

(Photo Erwan Floch)

"Cet apprentissage est l’aboutissement d’une « expérience collaborative » entre la personne et l’intelligence artificielle, un principe au cœur des technologies portées par Flint, le robot créé par Benoît Raphaël. En « élevant » ce type de robot, qui n’est pas qu’affaire de programmes, « chaque humain se responsabilise ». Un rôle qui est aussi celui du citoyen de demain, face à la démultiplication de l’information.

"Car la responsabilisation et l’éducation aux médias – l’esprit critique – deviennent essentielles alors que le phénomène des fake news n’en est qu’à ses débuts.

"La presse, à travers le numérique, doit devenir, selon Christophe Victor, un média d’analyse de l’information. L’intelligence artificielle, à la source d’une diffusion exponentielle des fake news, sera aussi  un outil au service de la vérité. Quand bien-même rien ne saurait remplacer le travail de fond des journalistes, pour reprendre les propos d’Eric Scherer.

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