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Je ne reviendrais pas sur l’annonce de la fin de Google Wave. Lancé il y a un an et annoncé comme une révolution, ce service qui était présenté comme un “email killer” n’a jamais rencontré son public. Il suffit d’ailleurs d’essayer Google Wave une demi-heure pour comprendre pourquoi ça n’a pas marché. Fin de l’histoire.

Plus intéressant : les propos d’Eric Schmidt, le CEO de Google, hier lors de la Techonomy Conference, sur la philosophie du géant de l’entreprise:

“Nous essayons des choses… Souvenez-vous, nous célébrons nos erreurs. Nous sommes une entreprise où l’on a aucun problème avec le fait de tester quelque chose à fond, de ne pas obtenir de succès de ce travail et d’apprendre de cet échec.”

Peu de patrons sont capables de tenir un tel discours.

Le “plantage” fait partie de la culture Google. On essaye, on se trompe, on corrige, on partage. Inclure l’erreur dans la chaîne de valeurs de l’entreprise, c’est gonflé. Mais c’est ce qui explique l’incroyable force de Google.

Dans “What Would Google Do?” (traduit par Fabernovel en France), Jeff Jarvis rapporte cette anecdote:

“Sheryl Sandberg, directrice de la publicité (…) a commis une erreur sur laquelle elle ne s’est jamais étendue et qui a coûté des millions de dollars à Google. ‘C’était une mauvaise décision, prise trop rapidement, rien n’était sous contrôle, on a perdu du temps et de l’argent’. (…) Quand elle a présenté ses excuses à son patron, Larry Page lui a répondu: ‘Je suis heureux que tu aies fait cette erreur, parce que je veux développer une entreprise où on fait trop de choses trop vite et pas une entreprise où on ne prend aucun risque et où on ne fait rien. Si on n’a pas de temps en temps un gros plantage, c’est qu’on ne prend pas assez de risques’. Dans The Economist, Eric Schmidt a conseillé aux employés: ‘Faites vos erreurs vite – pour pouvoir faire un autre essai dans la foulée’”.

Facebook fait également des erreurs, poursuit Jarvis, mais il essaie, et corrige, puis essaie à nouveau…

Nous sommes dans un monde en révolution, où la nécessité de s’adapter en permanence génère naturellement le développement agile. Essayer vite, avec peu, se tromper, corriger, déployer, s’adapter…

Eric Schmidt, hier à Techonomics : “Tous les deux jours, nous produisons plus d’informations que nous l’avons fait depuis l’aube de l’humanité jusqu’en 2003.

Et de conclure: “Le monde dans lequel nous vivons n’est pas prêt pour la révolution technologique qui arrive prochainement.”

Google s’est planté sur Google Wave, mais pas sur Android, son système d’exploitation mobile, qui vient de passer N°1, devant RIM (BlackBerry) et Apple (iPhone).  1/3 de tous les smartphones vendus entre avril et juin étaient des téléphones Android. 200.000 se vendent chaque jour.

Essayer, essayer, essayer…

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5 commentaires

  1. [...] initialement publié sur le blog : benoitraphael.com — Pour ne rien manquer d'OWNI, suivez nous sur Twitter et sur [...]

  2. Voici un interview qui apporte des précisions sur la “culture de l’échec” : http://www.goopilation.com/2010/08/chronique-interview-de-peter-norvig-directeur-de-la-recherche-chez-google.html

  3. Sous un certain angle, on peut considérer que Google Wave c’est de la R&D pour Google (qui au final devrait intégrer les développements réalisés à d’autres services).
    Le fait de tenter un lancement comme service indépendant est une tentative opportuniste.
    - si ca marche on a une killer app (une de plus !)
    - si ca ne marche pas on a un test grandeur nature + motivation & maturation des équipes
    Le tout pour un cout de lancement online (conférence videocast, blogs, ouverture de la béta au public, etc. ) qui n’a rien à voir avec un budget de lancement de produit offline (market, package, pub, communication, distribution, etc. ).

  4. «Il suffit d’ailleurs d’essayer Google Wave une demi-heure pour comprendre pourquoi ça n’a pas marché.»
    Sérieusement? Eh ben, tdis donc! C’est simple, ton truc! En utilisant la même logique avec Twitter en 2007, on se serait pas trop embêtés avec quelque-chose d’aussi inutile!

    N’empêche, ce serait bien si Google pouvait apprendre de ses erreurs. Ça semble pas être le cas, malgré les propos de Schmidt. Si on peut se rendre compte de ce qui n’a pas marché avec Wave en une demie-heure d’utilisation, faut encore comprendre ce qui s’est passé. Ça semble révéler un problème assez fondamental, étant donné que Google a beaucoup investi de sa crédibilité dans Wave.
    Ils ont bien fait de tuer Wave, mais ils ont fait tout un tas d’erreurs en lançant divers produits, y compris Wave. Ils ont appris certaines leçons avec le G1 et c’est possible qu’Android puisse changer beaucoup de choses quand on arrêtera de le comparer au iPhone. Mais on dirait que Schmidt est pas toujours très conséquent, dans ses propos. Le coup de l’entente avec Verizon sonne l’alarme, pour certains.
    En passant, si tu t’intéresses à @JeffJarvis, est-ce que t’écoutes This Week in Google? L’épisode d’hier était fascinant. C’est peut-être “the end of innocence for Google fanboism”.

    Enfin, j’espère que tu vas donner plus d’une demie-heure d’essai au prochain outil que Google va développer.

  5. [...] pas de temps en temps un gros plantage, c’est qu’on ne prend pas assez de risques», argue Larry Page, le co-fondateur du moteur de recherche, cité ici. Google Wave? Oui, cela n’a pas marché. «On a arrêté, on ne s’interdit jamais [...]