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Comment Google a réussi son virage social

Souvenez vous, il y a encore un ou deux ans. Tout le monde raillait l'incapacité de Google à comprendre la nouvelle génération du web : le web social et en temps réel.

Même Eric Schmidt le disait...

Après l'échec de Google Buzz, Google+ semblait certes mieux pensé, mais arrivait sans doute trop tard.

Aujourd'hui, sans prévenir, Google est en train de réussir brillamment son fameux virage social. Et peut-être même prendre de l'avance sur ses concurrents.

En fait, nous n'avons pas vu venir deux éléments :

1. Google+ n'est pas tant un réseau social qu'un "layer" social (une architecture sociale si vous voulez) entre tous les services Google. Et pas des moindres : le search (avec les +1), Gmail (Google+ permet de gérer ses contacts, de voir apparaitre dans ses mails des contenus partagés sur Google+ etc), et YouTube.

2. YouTube justement. Google le présente d'abord, et elle a raison, comme le futur de l'entertainment, sinon de la télévision. Mais c'est aussi devenu un puissant réseau social.

Il n'y a pas de page d'accueil sur YouTube. Le succès des vidéos dépend en grande partie de la façon dont elles vont être portées par la communauté. Aujourd'hui, l'architecture YouTube repose essentiellement sur les abonnements aux chaînes, lesquels permettent de faire remonter dans votre espace non seulement les vidéos produites par les auteurs auxquels vous êtes abonné, mais aussi les vidéos que ces derniers partagent. Sans compter des liens dans les vidéos qui permettent à l'utilisateur de naviguer d'une vidéo à une autre, comme on le fait avec les liens hypertextes dans les articles.

Jetez un oeil à la page d'accueil de YouTube :

Comment Google a réussi son virage social

C'est ce qu'on appelle un wall ! Assez similaire au wall de Facebook.

YouTube vous recommande également des vidéos en fonction de vos goûts et de vos abonnements :

Comment Google a réussi son virage social

Enfin, la page "social" remonte tous les contenus partagés par votre communauté Google+.

Et là, en un clic vous vous retrouvez sur Google+ :

Comment Google a réussi son virage social

Revenons maintenant à Google + :

La très sérieuse étude GlobalWebIndex vient d'annoncer que le "layer" social de Google venait de dépasser Twitter en terme d'utilisateurs actifs :

Avec 359M d'utilisateurs actifs, Google + est donc désormais le second réseau social, juste derrière Facebook qui en compte 700M.

Surprenant ? Qui utilise Google+ ? Sans doute tout le monde, indirectement, à travers l'ensemble des services de Google, reliés entre eux par Google+. Quand vous vous connectez à un service, vous vous connectez à Google +.

Mais pas seulement. Parmi les fonctionnalités montantes sur le réseau social : les communautés. Avec les communautés, Google + permet aux internautes de partager et découvrir des contenus et des conversations dans des sujets de niche, et d'aller donc au delà du cercle des amis pour aller vers les cercles d'intérêt. Une stratégie de niche qui commence donc à être payante, et que les marques et les médias devraient observer avec plus d'intérêt.

Refaisons le calcul :

359M d'utilisateurs actifs sur Google +

1 milliard de visiteurs uniques sur YouTube (chiffre récemment annoncé par Google)

Ça fait pas mal pour un un soi-disant "échec social". Google a non seulement réussi son virage social, mais a compris que l'avenir des réseaux sociaux passait par les contenus. Ce sont eux qui nourrissent les expériences sociales.

D'ici à ce que Google batte Facebook sur son propre terrain, il n'y a qu'un pas.

La force de Google, c'est son écosystème. Avec le search, le mail, la vidéo sociale, le cloud collaboratif (Drive), le mobile (Android) et demain les Google Glass, Google sera au coeur des révolutions à venir.

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À propos

Benoît Raphaël

Benoît Raphaël est expert en innovation digitale et média, blogueur et entrepreneur. Il est à l'origine de nombreux médias à succès sur Internet : Le Post.fr (groupe Le Monde), Le Plus de l'Obs, Le Lab d'Europe 1. Benoît est également co-fondateur de Trendsboard et d'Imprudence.
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