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Une étude de Comscore, analysée par Peter Preston, sur le Guardian, montre que les médias qui sont lus par plus de femmes ont de meilleurs résultats.
Dans “l’ancien monde”, explique Preston, les hommes étaient ceux qui comptaient le plus. Ils tenaient le porte-monnaie, ils étaient les leaders d’opinion. Les temps changent, constate Comscore (dont la synthèse de l’étude est téléchargeable ici) : dans le “nouveau monde”, c’est à dire sur Internet, les femmes sont plus connectées, plus “engagées” (au sens anglo-saxon du terme: “engagement” signifie l’interaction entre un utilisateur et un média/marque). Elles sont donc plus actives, surtout sur les médias sociaux auxquels elles consacrent de plus en plus de temps. Plus généralement, si elles vont moins sur Internet que les hommes (mais la différence s’amenuise) elles restent plus longtemps en ligne.
Aux Etats-Unis, précise l’étude, “divas drive the dollars”: les femmes sont les nouveaux leaders de l’achat en ligne pour les sites de e-commerce. Elles passent 20% de temps en plus sur les sites d’e-commerce, achètent plus et, collectivement, dépensent plus que les hommes.
Preston fait un autre parallèle. Si les médias d’info sont traditionnellement plus lus par des hommes (aussi parce qu’ils sont écrits traditionnellement pour des hommes) lorsqu’ils sont lus par les femmes, ils progressent plus.
Par exemple, le Daily Mail, seul quotidien a avoir passé la frontière: 2.45M de femmes contre 2.42M d’hommes. Sur Internet, le site du DailyMail fait le double du trafic du Times ou du Sun (avant qu’ils ne passent 100% payants). Surtout: le nombre d’internautes fidèles (qui cliquent plus de 10 fois par mois) est en progression: de 7% à 12% en 1 an.
Autre parallèle, fait par Jim Chisholm dans “InPublishing”, toujours sur la base de cette étude : quand le ratio hommes/femmes progresse dans le bon sens, la diffusion est moins mauvaise. Au Japon, la différence entre hommes et femmes dans le lectorat des journaux est passée de 25% à 2% en 10 ans. En Allemagne par contre, elle s’est renforcée : 3% contre 2%. Pendant le même temps, la diffusion n’a baissé que de 7% au Japon, alors qu’elle a chuté de 20% en Allemagne. Chisholm appelle ça, le “Female Factor”.
En attendant, il y a toujours autant d’hommes à la tête des principaux médias… Aux USA, le média qui monte, The Huffington Post, est dirigé par une femme.
(Illustration: iJustine, la video-blogueuse la plus connue des Etats-Unis, avec plus d’1 million de followers sur Twitter)
Tags: chiffres, comscore, Daily Mail, femmes, Internet
C’est à partir d’un constat un peu similaire (une information dominée par les hommes, faite par, sur et pour des hommes) qu’Isabelle Germain a eu l’idée de lancer un titre dont l’ambition clairement affichée est d’être paritaire, c’est à dire de donner autant la parole aux femmes qu’aux hommes et de ne pas se focaliser que sur les seuls points de vue masculins.
Bien sûr, ce n’est jamais facile d’exister pour un média émergent, surtout pour un pure player, mais nous travaillons activement à proposer un autre genre d’info, où les femmes ne se sentent pas comme la cinquième roue du carrosse, sans, toutefois, tomber dans l’excès inverse, en devenant un média “féminin” ou féministe.
Juste une volonté d’équilibre.
Félicitations, en passant pour la qualité des informations de la Social NewsRoom.
[...] Da qui [...]
Je remarque une constante dans ce type d’enquête : les femmes sont toujours appréciées pour leurs qualités de consommatrices. Jamais ou très peu pour leur contribution à rendre l’information et les débats de société plus riches et plus ouverts que lorsqu’ils sont menés par la seule moitié masculine de l’humanité. Si je comprend bien, ce que tu fais remarquer , à juste titre à propos de The Huffington Post, dirigé par une femme, n’a pas du tout été pris en compte par Comsore…
Ce que je retiens, pour nous blogueurs, c’est qu’il faut faire en sorte que notre contenu soit accessible à tous, hommes comme femmes, gens du peuple ou élites. Ecrire pour une classe seulement serait une erreur.
Les articles d informations sont faits par des hommes pour des hommes dis tu dans l’article. comment ca pour les hommes ? une info c est une info, peu importe qui l’écrit…
En même temps je suis pas journaliste…