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Pourquoi Google devrait continuer à dominer le marché

Il est de bon ton ces derniers temps d'annoncer le déclin de Google. "The search party is over" déclamaient les sybilles du magazine Fortune en août dernier. Pourtant, depuis la rentrée, on n'a jamais autant parlé du géant américain. 1) A commencer par Google qui investit en France, initiative autant stratégique que diplomatique. Elle pose la firme comme un acteur de développement économique. 2) Le lancement de Google Instant cette semaine reflète bien les ambitions de l'entreprise : son coeur de métier reste le search (l'essentiel de ses investissements depuis un an concernent le search et le social gaming). La publicité "search" est toujours en progression face au display déclinant. Google Instant c'est le temps réel adapté à la recherche. On voit apparaître les résultats au fur et à mesure que l'on écrit. Du coup, c'est la fin de la touche "j'ai de la chance" (toujours présente, mais inutilisable). 3) La télévision connectée est "the big thing" du moment chez les patrons de chaînes. Google est là. Google TV débarquera à l'automne aux US (en 2011 en Europe) sur les téléviseurs Sony. Il s'agit d'une plateforme basée sur la technologie Android qui permettra notamment de trouver les programmes qui vous intéressent et devrait accélérer la fragmentation et la délinéarisation des contenus tv. 4) Android rattrape Apple (et les autres), pourrait contrôler 50% du marché des smartphones, s'installe sur les tablettes de la rentrée, et s'attaque même à iTunes. Ce qui n'empêche pas Eric Schmidt de prendre un verre avec Steve Jobs... (mais pour parler de quoi?). Certes, le "store" d'Android est encore peu rentable et dominé par les applications gratuites (65% contre 30% sur iPhone), mais Google voit plus loin. 5) Google et le futur. La keynote d'Eric Schmidt mardi dernier au salon IFA des technologies en dit long sur sa vision de demain (voir la vidéo complète). La recherche, qui reste le métier de Google (et ce que Google sait faire de mieux), sera toujours au coeur du réseau, web, mobile ou objets connectés. Teaser : "La prochaine étape du "search" c'est la recherche automatique. Quand je marche dans la rue, je veux que mon téléphone fasse des recherches en permanence : 'Le saviez vous ? Le saviez vous ?...'" "Nous savons où vous êtes et ce que vous aimez", "nous pouvons donc vous suggérer ce que vous pouvez faire après, ce qui vous intéresse vraiment." Mieux (ou pire?) : Google sera capable de vous suggérer ce que vous cherchez avant même que vous ne le sachiez. "La prochaine étape, ma vision du 'search' : me dire des choses que je ne savais pas mais qui ont de fortes chances de m'intéresser." A mettre en parallèle avec la leçon de journalisme de Jay Rosen : "Vous devez écouter les besoins des gens, mais si vous ne leur donnez que ce qu’ils veulent, ou que ce que vous voulez, vous perdrez votre autorité. Vous devez également donner aux gens ce qu’ils ne savent pas qu’ils veulent." Quand l'ordinateur rattrape l'humain. Ou l'améliore ? Schmidt voit un avenir avec une "humanité augmentée". Une humanité connectée au réseau et aux ordinateurs, qui ne sera jamais perdue parce que les algorithmes l'assisteront, ils sauront conduire votre voiture à votre place parce qu'ils sauront où sont les autres voitures, ils se souviendront à votre place de ce que vous ne devez pas oublier, et vous suggéreront ce qui vous intéresse vraiment. Alors, certes, Google a raté la vague du réseau social, cette vague qui grignote peu à peu le moteur de recherche dans les statistiques d'apport de trafic: la suggestion de ma communauté, en temps réel, est parfois plus efficace que Google. Reste à Google à mieux intégrer les réseaux sociaux dans sa fonction de recherche, plutôt que d'essayer d'en créer. Et la boucle sera bouclée. Le web est peut-être mort, pas pas le "search" !
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À propos

Benoît Raphaël

Benoît Raphaël est expert en innovation digitale et média, blogueur et entrepreneur. Il est à l'origine de nombreux médias à succès sur Internet : Le Post.fr (groupe Le Monde), Le Plus de l'Obs, Le Lab d'Europe 1. Benoît est également co-fondateur de Trendsboard et d'Imprudence.
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