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En apprenant ce matin le rachat du magique Huffington Post par le mastodonte AOL ma première idée de titre a été : le début de la fin ? Mais il semble que le Guardian ait eu la même idée.
Si j’avais été Arianna Huffington, peut-être me serais-je contentée de profiter de l’aubaine. Et quelle aubaine ! 315M$, c’est la plus belle valorisation d’un pure-player d’informations dans l’histoire d’Internet. Qurtout si jeune. Un pure-player américain de “gauche” (démocrate) qui avait été lancé comme un gros blog en 2005 sur la base d’une première levée de fonds d’1M$. Le groupe Le Monde, magnifique marque historique, a été racheté pour trois fois moins…
315M$ c’est dix fois le chiffres d’affaires généré par le Huffington Post (31M$). Rentable pour la première fois en 2010, comme annoncé, le média prodige prévoit tout de même de doubler ses revenus en 2011.
Arianna Huffington ne va pas se contenter de vendre. Au contraire, elle prendra la direction du contenu éditorial d’AOL. Tim Armstrong, le nouveau CEO d’AOL et elle-même, “partagent la même vision”, a-t-elle déclaré. Une vision stratégique dévoilée la semaine dernière par Business Insider (ils ont même récupéré le doc powerpoint, visible ici) et que l’on peut résumer en quelques points :
Une vision très efficace (surtout sur le local), comme le sont souvent les powerpoint des consultants, mais qui trouve plusieurs limites et ne me rendent pas très optimistes sur l’avenir du modèle disruptif du Huffington Post :
- La mécanique du média à la demande et la mise en place de process stricts de productivité est sans doute intéressante sur une bonne partie de la production de contenus à faible valeur ajoutée comme le magazine et les loisirs. Elle est plus compliquée à tenir sur l’information générale et un certain nombre de concepts médias demandant une forte valeur ajoutée. Même d’un point de vue strictement marketing, les courbes de buzz sur Internet dépassent largement la simple mécanique de l’accélération systématique sur une ligne de requête forte, sur des seuls critères de productivité. Il doit y avoir de la surprise, du talent, de l’inventivité, du ton, de l’irrévérence parfois, autant que de la réactivité. Il doit aussi y avoir une logique d’offre. Le business du contenu sur Internet est complexe, plus complexe, plus surprenant surtout qu’une courbe powerpoint.
- L’histoire montre que l’absorption de jeunes entreprises à forte valeur ajoutée (celle du Huffington Post relève de la qualité de sa sélection, de sa communauté d’experts, de sa mise en scène, de son ton et de sa capacité à innover) par des mastodontes aux process aiguisés mais à la créativité quasi nulle mène bien souvent à un plafonnement de sa progression. Sinon à l’étouffement. C’est un peu toute l’histoire de Yahoo.
Bref, la bonne nouvelle pour AOL, qui accumule les faux pas depuis des années, c’est le Huffington Post et l’arrivée d’Arianna Huffington aux commandes du “content”. Reste à savoir si l’inverse est également vrai…
Si j’avais été la propriétaire du Huffington Post, j’aurais sans doute vendu, oui, mais récupéré mes 300 millions pour aller monter d’autres projets innovants…
Tags: AOL, content farm, demand media, The Huffington Post
oui mais quand tu auras vendu une entreprise (à moins de la foirer et de la vendre mais dans ce cas pas bcp de sous) tu n’arriveras pas à partir sans…. en tous les cas personne ne te donnera des millions et puis basta…
[...] Après avoir racheté le Huffington Post pour 315M$, le site d’infos le plus “successfull” de ces 5 dernières années, AOL vient de racheter le média hyperlocal Outside.in pour 10M$. Ces deux mouvements, coûteux, en disent long sur la stratégie de l’ex-géant américain (qui pèse toujours 2 milliards de chiffre d’affaires) : le local. “Le local”, expliquait l’an passé Tim Armstrong, le CEO d’AOL dans un mail aux salariés, “demeure le plus grand des espaces vierges.” (il a aussi déclaré que c’était un espace “difficile” et qu’il y “‘aurait beaucoup de morts”…) Un espace qu’Armstrong, un ancien de Google, entend bien envahir avec son nouveau bébé “Patch”. [...]
[...] les blogueurs du Huffington Post ont appris au début de l’année que le petit prodige des sites d’informations US avait été vendu 315M$, leur première réaction a été : et nous ? La semaine dernière, certains d’entre eux se [...]
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