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@benoitraphael

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Facebook et Twitter : l'étrange décision du CSA

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Dans une décision publiée vendredi 27 sur son site Internet (sic), le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel interdit aux chaînes de télévision de citer leurs pages Facebook ou Twitter. La décision fait appel à une logique que le roi Ubu n'aurait pas récusée. Lisez plutôt :

"Le Conseil a été saisi par une chaîne de télévision de la conformité à la réglementation en matière de publicité des renvois aux pages consacrées à ses émissions sur des sites de réseaux sociaux. Il considère que le renvoi des téléspectateurs ou des auditeurs à la page de l’émission sur les réseaux sociaux sans les citer présente un caractère informatif, alors que le renvoi vers ces pages en nommant les réseaux sociaux concernés revêt un caractère publicitaire qui contrevient aux dispositions de l’article 9 du décret du 27 mars 1992 prohibant la publicité clandestine."

Si l'on essaie de suivre la réflexion des sages du CSA, indiquer aux téléspectateurs qu'ils pourront retrouver "plus d'informations sur notre page sur les réseaux sociaux" est donc plus "informatif" que de leur dire "plus d'informations sur notre fil Twitter ou notre page Facebook" ! Soit le CSA ne sait pas ce qu'est une page Facebook, ni quelle est sa fonction : aller chercher les téléspectateurs là où ils sont pour leur délivrer de l'information, soit il fait preuve d'une étonnante mauvaise foi.

Le CSA n'a sans doute pas suivi l'affaire DSK, durant laquelle il était impossible de ne pas citer les comptes Twitter des médias, seuls outils capables de relayer en temps réel les audiences de l'ancien directeur du FMI. Surtout, le CSA n'a pas compris que, avant d'être des marques, Twitter et Facebook, sont des espaces publics où plus de 25% de la population française discutent et échangent des informations. Que l'on dit de Facebook, véritable écosystème social,qu'il se substitue à Internet. Que quand Nicolas Sarkozy reçoit Mark Zuckerberg en marge de l'eG8, il le reçoit presque comme un chef d'Etat : une communauté de 600 millions d'internautes, plus grande que la population des Etats-Unis d'Amérique.

Bref, que le monde a changé.

Facebook est une place publique, un espace de marché, Twitter l'un des principaux canaux d'information du moment, le plus rapide en tout cas, où l'annonce de la mort de Ben Laden a été publiée avant les médias officiels, et que les hommes politiques préfèrent désormais au traditionnel communiqué de presse. On peut s'en inquiéter. Mais difficilement l'ignorer.

Petit jeu : comment renvoyer les téléspectateurs sur votre fil Twitter ou Facebook sans citer le nom de la plateforme ?

Ludique : "Retrouvez la couverture en temps réel du procès via notre fil sur la plateforme qui permet de diffuser des messages de 140 signes".

Confus : "Vous pouvez envoyer vos témoignages sur notre page de réseau social où vous avez habituellement des "amis". Attention,  ne pas confondre avec l'autre où il n'y a pas d'amis mais des followers".

Blasé : "Retrouvez nous où vous savez..." Contorsionniste : la solution proposée @NalPle  sur Twitter : "Il suffira que les medias citent la page communautaire de leur site web qui elle même renvoie vers FB & twitter".

Bref... On notera que le CSA fait référence à un décret de 1992... publié deux ans avant l'arrivée d'Internet en France pour le grand public. En attendant, vous pouvez toujours aller "liker" la page de fans du CSA sur biiiiiip . (Lire également sur Slate.fr, l'article de Vincent Glad : Facebook, Twitter : le poke de rappel du CSA)

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