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@benoitraphael

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Zite sur iPad : génial et déjà polémique

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Si l'iPad n'a toujours pas sauvé la presse (voir le long chemin qui attend "The Daily", le premier quotidien sur tablettes de Murdoch), il offre de belles perspectives pour les agrégateurs d'info. Depuis le lancement de la tablette, on a vu passer toute une flopée de ces "Google News" d'un nouveau genre qui ont de quoi énerver les éditeurs de presse... et ravir les lecteurs ! Après Flipboard et Pulse (pour les plus innovants), Zite est un magazine virtuel qui se connecte à votre compte Twitter et Google Reader afin de récupérer les contenus qui vous intéressent (les articles des médias auxquels vous êtes abonnés sur Google Reader et ceux partagés par vos amis sur Twitter). Comme vous n'avez pas le temps de lire tous les articles proposés par ces services, Zite vous propose très logiquement une hyper-sélection, en apprenant de votre comportement. A côté de chaque article vous avez la possibilité de cliquer sur un pouce levé (j'aime) ou baissé (je n'aime pas), de demander d'avoir plus d'articles de cette source (par exemple plus d'articles du New York Times ou de tel ou tel blog), ou plus de contenus sur les sujets évoqués par l'article que vous êtes en train de lire. Plus vous lisez et votez, plus le magazine affine sa sélection. Le tout est présenté dans une interface élégante et très agréable. Bref. Plus besoin d'aller sur l'application de vos médias préférés puisque vous pouvez avoir le meilleur sur Zite. Merci Zite, disent les lecteurs. Evidemment, les groupes de presse n'ont pas tardé à réagir : The Times (Murdoch), Dow Jones & Company (Murdoch...) The Washington Post ou encore Associated Press, on envoyé une mise en demeure à Zite, lui reprochant de piller leurs contenus. En fait, c'est un peu plus compliqué que ça, puisque Zite propose un service qui se branche sur vos flux Twitter et RSS (le standard qui permet aux lecteurs de s'abonner à des contenus partagés gratuitement par les médias, sur des services comme Google Reader ou Netvibes) pour mieux les organiser. Ce n'est pas un média à proprement parler. Et l'exploitation de contenus de The Times ou d'Associated Press ne dépend pas de Zite mais du lecteur qui s'y est abonné via d'autres services ! Un beau sac de noeuds. Il n'empêche : l'attitude est symptomatique de la difficulté des médias traditionnels à s'adapter à un univers en perpétuelle mutation. Qui a, en plus, la "mauvaise" habitude de placer l'utilisateur au centre de l'offre. Internet, c'est moi au centre, les médias à la périphérie. Que propose Zite finalement ? Une sorte de magazine idéal qui vit avec son temps : il est irrationnel de considérer aujourd'hui qu'un seul titre se suffit à lui même pour vous éclairer sur l'actualité. Face à la richesse et l'instantanéité proposée par la toile, il est impossible de lutter. L'offre de Zite est donc cohérente et utile. Et elle fait mieux que Google News puisqu'elle vous propose une sélection restreinte et adaptée à votre comportement. Les éditeurs de presse devraient plutôt s'en inspirer pour rendre service à leurs lecteurs (je n'ose pas dire "clients"). Mais si le service de sélection d'information est aujourd'hui une évidence pour les internautes (on appelle ça la "curation"), il s'oppose encore à un front uni des éditeurs qui continuent de considérer que tri=pillage. Au lieu de reconnaîre qu'il répond à une vraie demande. On l'a encore vu cette semaine avec la nouvelle violente attaque du New-York Times contre le Huffington Post, dont s'afflige Jeff Jarvis sur son blog. Pour eux, le Huffington Post n'est pas "réel". Entendez par là, que ce nouveau média d'infos sur Internet fonctionne selon des règles nouvelles que le vieux journalisme n'arrive pas à intégrer : le contenu c'est (aussi) la conversation, et c'est (aussi) la sélection de contenus. Quand le Huffington Post a été racheté 315M de $, les vieux journalistes ont dû tomber de haut... Le chemin est long... mais comme on dit, l'important, ce n'est le bout du chemin, c'est le chemin...
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Tom 27/06/2012

difficle de ne pas dire "client" ;-) héhé, c'est peut être bien là toute la différence entre les journalistes de "souche" et les journalistes de nouvelle génération... en remettant l'internaute au coeur de tout, finalemet on remet le consommateur au coeur de tout... il faut donc faire comme vous dites avec les habitudes du consommateur qui devient l'acteur de sa consommation ... un vrai client à séduire ;-) qu'il consomme de l'information ou des biens matériels.
Moi même j'arrête de dire "utilisateur" ou "internaute" ... je dis client !

Chrys 27/06/2012

Intéressant.

Il y a un côté "paper.li sélectif" avec plus d'opportunités en matière d'agrégation.
En attente d'une version Android pour tablette maintenant ;-)

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